lundi 14 septembre 2009

divinités et prières

Divinités et Prières
Sabcé, 23668 habitants. Selon la croyance populaire dans cette localité, l’univers est peuplé de forces surnaturelles parmi lesquelles les divinités.
Considérées comme les représentantes de Wenam sur terre, elles servent d’intermédiaire entre lui et les hommes.
Dans la case sacrée de chaque clan trône une divinité qui veille sur toute la famille. Les plus sollicitées sont : Les plus importantes sont:
Le Tẽmpelem c’est l’esprit de la terre; elle est la mère protectrice et nourricière des hommes. Elle veille sur la régularité des pluies, protège les récoltes, accorde la santé et la paix aux hommes.
Le Ba-namba apparaît comme le gardien protecteur de chaque clan; il veille sur les différentes familles, les protège contre les mauvais esprits et les personnes maléfiques et assiste chaque membre du clan dans ses projets.
Le Tẽnse, il est le symbole de la justice. Il répare les fautes, sanctionne les méchants et protège les justes.
Toutes ces divinités sont régulièrement sollicitées par l’homme, afin que la paix, la santé et l’opulence règnent sur terre.

En parcourant les différents textes de prières, on ne peut que se convaincre que la clé pour découvrir l’homme de Sabcé se trouve dans les textes oraux.
Vivement qu’une politique valorisant la littérature orale soit initiée de sorte à d’attirer le maximum d’étudiants et de chercheurs sur ce terrain afin les filles et les fils du Burkina puissent le découvrir ou de le redécouvrir davantage.

le conflit dans le conte ( exemple de l'orphelin)

UNIVERSITE DE OUAGADOUGOU

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UNITE DE FORMATION ET DE RECHERCHE EN

LETTRES ARTS ET COMMUNICATION

(UFR/LAC)

DEPARTEMENT DE LETTRES MODERNES

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Option: Littérature orale



Dossier présenté par : Encadrement

Nom :ZOUNGRANA Albert OUEDRAOGO

Prénom :Moumouni Maître de Conférences

Matricule : 58866

Année universitaire 2007-2008

Introduction


L’homme est un être social. Il a besoin des autres pour vivre. Il vient au monde incomplet et est obligé de collaborer avec ses semblables pour combler ses multiples manques. La vie en société est alors pour lui une nécessité biologique. Cependant, les hommes étant par essence différents, leurs attentes, leurs préoccupations diffèrent. Cette divergence d’intérêts est source de conflits. Ces conflits s’inscrivent dans la dynamique sociale. Ils se donnent à voir dans le quotidien de l’homme et peuvent surtout être appréhendés dans les productions littéraires notamment dans les créations littéraires de l’oralité. Pour prouver cette affirmation, nous avons choisi de travailler sur un texte de conte intitulé « Le protecteur des orphelins » tiré du livre de lecture du cours moyen première année (CM1) et produit par Sommedo Sawadogo, Inspecteur de l’Enseignement du Premier Degré à Kongoussi. Il s’agira pour nous dans ce travail, de montrer comment le conflit se présente, comment il est vécu et comment il se développe. Pour ce faire nous avons adopté la démarche suivante :


I – Résumé du récit ;


II – Conte et conflit ;


III – Mots et expressions exprimant le conflit ;


IV – Lieu du récit comme facteur favorisant le conflit ;


V – Période du déroulement du récit comme facteur favorisant le conflit ;


VI – Les acteurs du conflit.


a – Conflit au sein du sujet : conflit avec soi ;


b – Conflit entre les actants : conflit avec l’autre.

I – résumé du récit

Le texte intitulé « Le protecteur des orphelins » nous rapporte les péripéties d’un jeune garçon de onze ans qui a perdu sa mère. Son père devenu célibataire, espérait que ce dernier retrouverait protection et amour dans un foyer où il y a présence d’épouse. Il le confia alors à son frère marié et père de trois enfants. Malheureusement ce ne fut point le cas car cette dernière femme se montrera méchante et injuste. Le sort de l’orphelin va s’empirer avec la famine qui s’abattit dans la localité. En plus des travaux domestiques qui lui revenaient, il devait braver la faim et la soif pour nourrir toute la famille en ramenant quotidiennement les feuilles comestibles de la brousse. Pris de pitié, un vieux étrange entrepris de venir à son secours. Sous sa protection, l’orphelin s’empiffrait alors régulièrement de copieux repas et grossissait considérablement ce qui ne tarda pas à éveiller le soupçon de la méchante dame. Avec ses enfants, elle entreprit de l’épier. Celle-ci sera sanctionnée car ses enfants resteront sourds-muets à vie et elle même trouvera la mort. L’orphelin quant lui trouva enfin protection et amour chez le vieux où il resta. Ce conte tiré du terroir moaga montre bien que le conflit est au cœur du conte.


II – Conte et conflit

Le conflit est une situation d’antagonisme, d’opposition, et de mésentente. C’est une rupture de dialogue entre deux individus ou un groupe d’individus. Il est un état de crise, de déséquilibre provoqué par des propos ou des actions d’une tierce personne. Un conflit peut être sournois, ouvert ou violent. Trois facteurs peuvent générer le conflit : ce sont les faits, les valeurs et les intérêts. Par ailleurs, Il faut ajouter que le conflit n’est pas toujours avec l’autre, il peut être interne c'est-à-dire un conflit avec soi. Tel que définit, on peut dire que le conflit est au cœur du conte. Le conte met en scène les vécus de la vie quotidienne. Il apparaît comme un miroir dans lequel chaque membre de la société vient observer son image en vue de corriger ses défauts. Il est alors un lieu d’expression des frustrations sociales. Le conte constitue une occasion pour les sans pouvoir de dénoncer les injustices des plus forts. Il peut être considéré en soi comme conflictuel car il représente un lieu de dénonciations, de mises en garde et de suggestions. Dans le présent conte, le narrateur met la société en garde contre les maltraitances des orphelins et par devers lui tous les enfants qui vivent chez des tuteurs. Il dénonce la méchanceté des hommes et leur rappelle le sort qui leur peut être reservé s’ils ne prennent pas soins des enfants des autres. Dans le milieu moaga où le texte a été tiré, maltraiter un orphelin c’est s’attirer des malédictions et c’est pourquoi les mossés affirment : « sẽ maana kιιb, maana wẽnde » (Celui qui maltraite un orphelin maltraite Dieu).

Par ailleurs, il faut ajouter que le conte serait né du conflit car, selon le mythe du conte, il est la propriété d’un génie qu’un chasseur aurait volé. C’est certainement pour éviter les sanctions que les hommes à l’opposé des génies content la nuit et terminent le conte par cette formule : «mam lebs – a la, mam sẽn dιk – a n wã » (Je l’ai remis là où je l’ai pris).

En somme le conte est une chaire où les hommes viennent exprimer leurs frustrations. C’est un récit de dénonciations, de mises en garde et de conseils. Il est le lieu d’expression de multiple conflits qui peuvent déjà s’appréhender par les mots et les expressions employés.


II - Mots et expressions exprimant le conflit

Dans le conte intitulé, Le protecteur des orphelins le conflit est présent. Il est exprimé par l’utilisation abusive de mots et d’expressions rappelant la violence, la crise et la contrariété. Ce sont : perdre sa mère, méchante, haïssait, punir sévèrement, battait, craignait, assassin, peur, faim, soif, hurlait, souffrance, jalouse, cri, frappait, mort, hurlait, enduré etc.

Par ailleurs, le conflit peut s’appréhender à travers le traitement qui a été réservé à l’orphelin : « Ainsi depuis l’arrivée de l’orphelin, ses enfants devirent de grands paresseux avec sa complicité. En effet elle leur défendait de faire le moindre travail pendant que l’orphelin était à côté…Un jour il alla si loin que le soleil cuisait la terre sous pieds… L’outre à l’épaule, il partait chaque matin de bonne heure et revenait souvent avant les adultes…Certes, tu as souffert ».

Enfin, certains passages du texte qui expriment la méchanceté de la mère adoptive rappellent la permanence du conflit : « Sa mère adoptive était si méchante que personne ne la contredisait quand elle parlait. Son mari la craignait, car elle était forte et le battait souvent…Seule la méchante femme le haïssait et ne cessait de le punir sévèrement…Elle s’irrita et jura de rendre à l’orphelin les maux dont souffraient ses enfants ».

Tous ces passages du texte montrent que nous en présence d’un conflit. Ils expriment la souffrance et la méchanceté de la mère adoptive. Cependant, en dehors de ces passages, d’autres paramètres dans le texte apparaissent comme des facteurs favorisants le conflit. Il s’agit par exemple du lieu où se déroule le récit.




IV – Lieu du récit comme facteur favorisant le conflit.

Dans le protecteur des orphelins, l’histoire se déroule dans un foyer. Aussi paradoxale que cela parait, le foyer qui est source de protection et de sécurité n’est en réalité qu’un champ de conflit. C’est dans cet esprit que les mossés disent : « wa tι d zιdι ya wa tι d zabι » (Viens cohabiter avec moi c’est viens faire la bagarre avec moi). Tout foyer est exposé aux tensions, aux mésententes et à des crises permanentes à cause des intérêts divergents qui caractérisent les membres : tension entre mari et femme, entre parents et enfants et tension entre les enfants eux-mêmes.

Entre les enfants, la crise trouve son origine dans le complexe de Caïen et de celui d’Isabelle. Le complexe de Caïen est la peur de l’aîné d’être dépossédé de l’amour des parents par le cadet pendant que celui d’Isabelle désigne la crainte de l’enfant de voir les parents apprécier le sexe opposé.

Quant à la relation entre les enfants et les parents, Freud affirme qu’elle n’est pas pacifique à cause du complexe d’oedipe. En effet le petit garçon rentre en conflit avec son père par jalousie pour sa mère et la petite fille prend la voie inverse.

Enfin, entre mari et femme la crise est permanent car chacun cherche à affirmer son rang dans le foyer. La femme se bat pour se construire au moins une petite parcelle de liberté pendant que le mari cherche à confirmer sa masculinité et son rang de capitaine. Dans le présent conte, le conflit entre l’époux et l’épouse est violent. Il est en faveur de l’épouse car c’est elle qui est la maîtresse du foyer : « Son mari la craignait, car elle était forte et le battait souvent. Maîtresse du foyer, elle prenait les décisions quand elle le voulait et comme elle le voulait ».

Toutes ces tensions font du foyer un terreau propice aux conflits. Aucune famille ne peut en échapper et c’est pour cette raison que les mossés affirment : « sugr fãa sẽ fũgen, fũgena yelle » (chaque toit qui protège une case, cache un problème).

En plus du lieu qui peut constituer un facteur favorisant le conflit, on peut citer aussi le temps.


V – Période du déroulement du récit comme facteur favorisant le conflit

Dans le conte, le récit se déroule pendant une période de disette : « Cette année-là, le destin voulut qu’il ne plût pas beaucoup. Une grande famine s’abattit sur la région. ». Cette période de famine est favorable aux crises car elle ne fera qu’exacerber les conflits d’intérêts. Chaque membre par instinct lutte pour sa survie et aura tendance à rejeter l’autre pour une conservation de soi. C’est ce que souligne les mossés quand ils affirment : « kugr sãa n yi yingr n watẽ ned fãa pĩida a zugu » (Quand un caillou vient du ciel, chacun protège sa tête). Dans cette situation de manque, naturellement l’orphelin sera la première personne qui sera rejetée car il constitue une bouche de plus à nourrir.

En somme, retenons qu’en plus du lieu et le temps qui rappellent la crise, le conflit peut être appréhendé par l’analyse des rapports qui existent entre les différents actants du conte.


VI - Les acteurs du conflit.

a – Conflit au sein du sujet : conflit avec soi.

Le conflit est définit comme un état de crise, de désiquilibre ou de perturbation. Il peut alors être interne c’est à dire un conflit avec soi. Compris dans ce sens, on peut dire que l’orphelin est en conflit avec lui-même car celui-ci vit une crise interne. En effet, le décès de sa mère constitue pour lui une perte immense car à ses yeux c’est son objet d’amour, de sécurité et de protection qui vient de s’envoler. Un garçon de onze ans reste toujours attaché à sa mère, la disparition de cette dernière constitue un choc qui peut le plonger dans un état d’incertitude, de déboussolement et d’inquiétude. La pluralité des mères que possède l’enfant l’africain aurait dû jouer en faveur de l’orphelin ; mais dans la situation présente le père de l’orphelin est monogame. Il fut alors contraint de l’emmener chez son frère. Mais c’est sans compter avec la mentalité des mères qui pensent que le mal, la mauvaise conduite vient toujours des enfants des autres. La condition de l’orphelin pouvait s’améliorer si un père était présent. Malheureusement ce n’est point le cas car le père biologique est absent « Il le confia à son grand frère » alors que le père social est symboliquement mort. Celui-ci a perdu sa masculinité et a remis les clés du pouvoir à sa méchante dame. « Son mari la craignait, car elle était forte et le battait souvent. Maîtresse de maison elle prenait les décisions quand elle le voulait et comme elle le voulait ».

En plus de cette crise interne que vit l’orphelin, il fut ajouter celle externe c'est-à-dire sa crise avec les autres.

b – Conflit entre les actants : conflit avec l’autre.

Le conflit dans le conte s’appréhende facilement à travers l’analyse du schéma actantiel. En effet en considérant l’axe du quête, on s’aperçoit que le sujet est en manque, dans la quête de son objet, il va traverser des épreuves et vivre le méfais de la part de ses détracteurs. Il s’agit ici d’un orphelin qui cherche protection et amour d’un foyer. Il est en situation de manque car il vient de perdre sa mère. Celui-ci connaîtra le méfais avec sa mère adoptive et ses enfants. Ainsi tous les travaux domestiques lui revenaient et Il devait également braver quotidiennement les intempéries de la nature pour trouver régulièrement des feuilles comestibles afin de nourrir la famille oisive. L’orphelin ne trouvera la paix qu’après la mort de ses détracteurs.

Par ailleurs sur l’axe du contrat, nous avons le destinateur (vieux étrange) et les destinataire (orphelin). Le destinateur est celui qui possède l’objet de quête, le destinataire ne peut l’obtenir quand respectant son contrat. Pour bénéficier de la protection du vieux étrange, l’orphelin doit pouvoir garder le silence et ne jamais révéler son existence aux autres humains. « Je t’aiderai à condition que tu ne parles pas de moi à tes semblables ».

Enfin, sur l’axe du conflit, nous remarquons une tension entre les adjuvants (père biologique, vieux étrange) et les opposants (mère adoptive, les enfants). C’est sur cet axe que le conflit s’observe aisément. En effet, on se trouve en présence de deux camps antagonistes ; les uns aidant le sujet (orphelin) et les autres s’interposant et posant des pièges. Le conflit entre les deux camps dans le cas présent est même violent. Il laissera des séquelles physiques chez les uns et se soldera par la mort chez d’autres. Ainsi les enfants seront frappés de surdité et d’aphonie « Mes enfants sont devenus sourds- muets ». Quant à la méchante mère, elle sera battue à mort. «Des mains armées de longs fouets la frappaient à mort…la femme pleura, hurla et appela…ta méchante mère est morte ».


Conclusion


En somme retenons que le conte est un genre oral dans lequel on peut appréhender le conflit. Dans le protecteur des orphelins, la fréquence de certains mots et expressions exprimant la violence nous montre qu’on est en présence d’un conflit. Le schéma actantiel traduit aisément les rapports qui existent entre les différents personnages. Le sujet en quête de son objet est aidé dans sa mission par les adjuvants pendants que les opposants lui réservent des écueils. Le conflit dans le présent conte est violent car il s’est soldé par un mort d’homme.

echanges culturels


Partage culturel

La recherche est une activité dans laquelle le partenariat, la collaboration et les échanges sont une nécessité absolue. C’est dans cet esprit que je souhaite, à travers le Net, partager avec tous les amis du monde mes travaux sur la littérature orale afin qu’ensemble nous découvrions davantage les peuples, les cultures et les Hommes du monde. Enseignant de formation, je mène des recherches sur la littérature orale et j’ai dans ce sens déjà abordé les thèmes suivants :

  • Les dénominations des différentes paroles chez les moose de Kaya.

  • Divinités et Prières

  • LE CONFLIT DANS LE CONTE INTITULE : « LE PROTECTEUR DES ORPHELINS »

- LITTERATURE ORALE A SABCE : CAS DE LA PRIERE.

- Prières et sociétés : Approche anthropologique d’un corpus de prières des Moose

de Sabcé.


Mes projets :

  • préparer une thèse de Doctorat en littérature orale.

  • Enrichir le Centre de Collecte et de Traitement des Textes Oraux. (CCTTO) dont je suis l’initiateur.

  • Trouver des partenaires qui souhaitent participer à la collecte des textes oraux dans les pays du monde particulièrement en Afrique.


Mes attentes vis-à-vis de mes collaborateurs

  1. les chercheurs et les personnes ressources :

  • échanger d’opinions sur la littérature orale.

  • mener ensemble des recherches sur le terrain.

  • Faire des travaux de collecte puis de traitement des textes.

  • Partager des expériences pour une gestion plus efficiente et utile d’un centre de collecte et de traitement de textes oraux.

  1. les partenaires techniques et financiers :

  • recherche de bourses d’étude.

  • Appui pour la construction d’un siège permanent.